Passion & voyage

Dans cette nouvelle “Passion & voyage”, j’ai mélangé deux écrits relatant ma passion cinéphile et un voyage à Mooera lors de mon séjour militaire à Tahiti. J’ai souhaité partager les émotions et le plaisir éprouvé dans les deux cas, notamment en plongée.

Ma passion : le cinéma

Novembre au Disney Village, zone commerciale du parc Disney-Paris. En ce début d’après-midi, j’attends sur le muret face à l’entrée du cinéma Pathé. La séance du film “Jigsaw” débute dans 20 minutes. Le froid mordant n’a modifié ni mon habitude d’être en avance, ni la fréquentation du village.
La sono à proximité déverse ses annonces multilingues entre des chansons propres à l’univers Disney ou des musiques d’ambiance. Je fouille les poches de ma redingote. Pas de casque audio. Je regrette cet oubli et réajuste mon bonnet pour mieux couvrir mes oreilles. Le vacarme persiste, assourdi. Je pourrais changer de place mais je préfère encore subir ce bruit et conserver la chaleur toute relative de mes fesses sur ce siège improvisé.
Je regarde ma montre. Les minutes s’égrènent, l’heure de la projection approche. Combien de temps la patience dont je fais preuve résistera-t-elle encore au climat ambiant ?

Emmitouflés dans leur tenue hivernale, les visiteurs se croisent devant moi pour se diriger soit vers l’entrée du parc, soit vers les divers restaurants, commerces ou hôtels. Ils évoluent au gré de leurs envies sans me prêter attention.
Le melting-pot déambulant reflète parfaitement la genèse américaine. Diverses nationalités se côtoient sans se préoccuper de leurs différences raciales, sociales ou religieuses. Ils profitent du parc en bonne intelligence, en toute amitié ou plutôt devrais-je dire en toute neutralité. Plusieurs langues se mélangent : l’universel anglais, l’allemand, l’italien, ou encore une langue asiatique dont je suis incapable de localiser la provenance.

Si l’esprit Disney est omniprésent dans ce village, l’esprit rock’n’roll y est également ressenti, jusqu’à travers la devanture du restaurant “année 60” situé à ma gauche, où une Cadillac attire les affamés intrigués par sa présence.
Je n’ai plus le temps de m’attarder. La projection va débuter. D’un pas décidé, je fends la foule vers un lieu encore plus apprécié pour sa chaleur revigorante.

Voyage en Polynésie Française

Week-end à Moorea, l’île-sœur de Tahiti, lors de mon séjour militaire en Polynésie Française.
La traversée s’était déroulée sans incident jusqu’à ce que j’eusse une mauvaise idée : filmer les dauphins qui nous escortaient de part et d’autre de la proue du bateau. Par chance, Moorea était en vue et le mal de mer induit par le champ visuel réduit à la petite dimension de l’oculaire se dissipa lorsque je foulais le débarcadère.
Je me rendis au complexe hôtelier dans la voiture louée pour le week-end. Le bungalow réservé se tenait face à la mer, isolé des autres par une rangée de palmiers et d’arbustes aux fleurs rouges. Je fus accueilli par un margouillat, petit lézard qui devait rechercher la fraîcheur de cette construction climatisée. En cette fin de mâtinée, la chaleur était déjà suffocante pour un métropolitain comme moi.

Je l’ai dérangé juste le temps d’enfiler mon maillot de bain et de saisir mon masque de plongée puis je me suis dirigé prestement vers la mer. Au fur et à mesure que je m’approchais, mes pieds s’étaient habitués à la chaleur du sable blanc jusqu’à apprécier son humidité due aux vagues qui sinuaient le sable d’une fraîcheur agréable, avant de se retirer. Au loin, l’horizon semblait être modelé au rythme des vagues qui venaient s’échouer sur le massif corallien.
En comparaison avec la Méditerranée, je m’enfonçais d’une traite sans me soucier des vagues qui léchaient mon corps. A travers cette eau turquoise, j’aperçus des formes sombres, floues, dansantes au gré du remous de l’eau. La lumière ondulait au même rythme, marbrant le fond marin d’une lueur vive.

Je mouillai le masque avant de le positionner sur mon visage. Je repris mon souffle et je rejoignis le monde du silence. Contraste étonnant tant la vie foisonnait autour d’un simple rocher. Des poissons, aux formes différentes, se mouvaient impassibles dans une mobilité vitale. Un véritable aquarium aux couleurs chatoyantes que le Douanier Rousseau aurait pu immortaliser.
Je m’en approchais. Se sentant menacé sur son territoire, un baliste Picasso clair fonça sur moi avant de retourner vers “son” rocher. Surpris, je remontais à la surface où je m’esclaffais de ma réaction puérile. Encore aujourd’hui, je ne sais pas lequel des deux eut le plus peur…

Partage d’une passion dans le monde sous-marin de Moorea

Moorea, l’île-sœur de Tahiti située à 45 minutes de traversée. Un trafic régulier amène son flot d’humains plusieurs fois par jour. Des dauphins accompagnent chaque bateau pour s’assurer qu’il emprunte la passe sans risque. Une formalité tant les humains suivent scrupuleusement le passage à emprunter pour éviter d’endommager leur embarcation et, dans une moindre mesure, protéger le massif corallien délimitant la passe. Les humains préservent cet écosystème sous-marin, où y réside une multitude de poissons.
Ils mènent une vie tranquille, nichés le long du massif corallien ou dans des rochers isolés, à l’intérieur du lagon. Ils profitent de ce que leurs offre leur habitat naturel. Parfois, des poissons téméraires osaient approcher le rivage en se laissant porter par les vagues qui serpentaient sur la bande sableuse de cet immense rocher émergeant. Apercevoir le mode de vie de ces humains s’avérait mortel si le curieux restait échoué sur le sable.

Nason n’était pas aussi hasardeux. C’était un poisson coffre ordinaire qui menait une vie paisible aux abords du récif corallien, avec ses parents. Cet après-midi, lui et sa bande de potes patientaient aux abords d’une énorme coquille d’huître ouverte. Sur la partie relevée, le Vieux Nautile projetterait un film dans quelques minutes. Chacun donnait son avis sur les films proposés. “Les demoiselles à raies blanches”, avec les célèbres jumelles Humbug ; “Un poisson ange dénommé Wanda”, avec la talentueuse Peau-de-Citron dans le rôle principal. Celui qui retenait vraiment l’attention de Nason était le dernier film des frères Baliste & Picasso. Encensé par les critiques : “Le cirque d’Atoti”, l’histoire d’un poisson qui dut faire le clown pour s’attirer les bonnes grâces d’Anémone, magnifique demoiselle à trois points. Une histoire romantique comme les adorait Nason.

Le Vieux Nautile fit claquer ses pinces pour inciter les jeunes à plus de promptitude. La séance débuterait dans quelques instants et s’ils ne s’étaient pas décidés sur le film, ce vieux crabe à la pince difforme choisirait à leurs places.

Un poisson dragon approcha de la bande. Nason détourna son attention du groupe, autant admiratif de sa couleur noir orange, que craintif des piques qui surmontait son échine dorsale. Ce poisson le subjuguait tellement. Nason fut ramené à la réalité par le début du film. Il rejoignit ses amis et joua des nageoires pour se faufiler entre eux afin de s’octroyer la meilleure place. Le Vieux Nautile avait fait le choix espéré par Nason !

NDLR : hormis pour le crabe, les noms des personnages, les titres des films sont issus des noms des poissons (en français et en tahitien) qui peuplent le lagon de Moorea.

J’espère que vous aurez apprécié particulièrement ces trois petites tranches de ma vie, surtout la seconde très dépaysante. Un voyage inoubliable !

4 réponses

    1. Si vous avez l’occasion, envolez vous pour des vacances paradisiaques ! Malgré un long séjour en Polynésie Française, 3 mois, je n’ai pas pu tout visiter. J’en garde des souvenirs extraordinaires comme nager avec des raies manta, le shark fiding, le carnaval de Papeete, mais surtout l’accueil des Tahitiens.

  1. Merci pour cette belle page de paradis et de “Monde de Nemo” en clin d’œil à Disney.
    On retrouve effectivement des points de vécu avec les tandems avec ce que tu fais entre les noms de poissons exotiques et ta culture.
    J’attends la suite dans cette eau turquoise…

  2. Belle expérience de vie pour moi. C’était un moyen de revivre mon séjour à Tahiti. Quant au clin d’œil à Némo, il me paraissait évident de combiner Moorea et le cinéma.

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